17 Mai, 2013

Les deux dernières semaines ont été riches en événements, si l’on prend en compte notamment plusieurs visites en Russie de hauts responsables étrangers. La semaine dernière, du secrétaire d’Etat américain John Kerry d’abord et du premier ministre britannique David Cameron ensuite. Cette semaine, Vladimir Poutine s’est entretenu à Sotchi avec le chef du gouvernement israélien Benjamin Netanyahu. Et enfin, le secrétaire général de l’ONU Ban-Ki Moon est lui aussi attendu ce jeudi à Moscou pour une visite de travail qui durera jusqu’au 19 mai. Outre ces visites diplomatiques, on n’oubliera pas non plus de mentionner cette semaine le scandale d’espionnage et l’arrestation d’un agent de la CIA à Moscou, qui opérait sous couverture de diplomate. Plus précisément, en tant que troisième secrétaire du bureau politique de l’ambassade des USA à Moscou.

Parlons des visites d’abord. Pourquoi autant de visites de cette importance en si peu de temps ? Est-ce que Kerry, Cameron et Netanyahu sont tous trois venus pour faire du tourisme ? Il est vrai qu’en ce moment, il fait très beau à Moscou, de même qu’à Sotchi et c’est probablement la période idéale pour faire du tourisme. Mais c’est peu probable. La raison principale de leurs visites en un espace de temps si réduit est claire : c’est la Syrie. Des visites qui interviennent après les récents raids israéliens contre la Syrie, pays qui lutte fermement contre des groupes armés « rebelles », parmi lesquels l’écrasante majorité se compose de terroristes soutenus, armés et financés de l’extérieur, en premier lieu par les pays occidentaux et bien évidemment les « peacemakers » qataris et saoudiens, sans oublier bien sûr Israël. La Russie s’était dite très préoccupée par ces raids contre la Syrie, un pays qui traverse probablement le moment le plus difficile de son histoire. Juste après, selon des sources israéliennes, la Russie serait en passe de livrer d’un moment à l’autre à la Syrie le système (très efficace) russe de défense anti-missile S300 (déjà livré selon certains). Voici très probablement le « problème » que Kerry, Cameron et Netanyahu sont venus tous aborder avec Vladimir Poutine.

Sauf que si cette livraison se confirme et de plus dans le cadre des contrats liant la Russie à la Syrie, il ne s’agit non pas d’un problème, mais bien au contraire probablement de la solution. Car cela permettra très certainement de créer un véritable équilibre régional et de dissuader Israël, ses alliés occidentaux ou encore les pétromonarchies du Golfe au cas où ceux-ci s’amuseraient à faire de nouvelles provocations à l’encontre de la Syrie. Aussi, il aurait été probablement plus intéressant d’aborder avec ces chers visiteurs la création d’une nouvelle Cour pénale internationale et dont le siège serait basé dans l’un des pays du BRICS. Bien que certainement ni Kerry, ni Cameron, ni Netanyahu ne soutiendraient cette initiative, d’autant plus qu’une CPI réformée et respectant véritablement le droit international ferait d’eux les premiers visés en tant qu’accusés.

Pour revenir à la Russie, ces visites sont la preuve supplémentaire que les puissances « traditionnelles » occidentales et leurs agents comprennent de mieux en mieux que dans le monde actuel, il ne peut plus y avoir de décisions unilatérales. Ils comprennent également que le temps du « monopole » des relations internationales vit ses derniers jours. Difficile, bien évidemment, d’accepter cette nouvelle donne pour ceux qui ont trop longtemps monopolisé les décisions qui concernaient l’avenir de toute l’humanité, et non seulement leur propre avenir. Le scandale d’espionnage qui a éclaté au grand jour cette semaine grâce à la vigilance des services secrets russes a montré que les USA ainsi que bon nombre de pays occidentaux continuent à vivre dans la philosophie de la guerre froide (une guerre qu’ils avaient pourtant eux mêmes déclaré comme étant du passé).

La Russie et ses partenaires du BRICS, sans oublier les autres puissances émergentes, prouvent qu’une autre vision du monde, de la souveraineté des Etats, de la défense de leur indépendance, du libre choix de leur avenir et plus globalement des relations internationales est possible et plus que jamais d’actualité. Les visites ces deux dernières semaines de Kerry, Cameron, Netanyahu et Ban Ki-Moon confirment également pourquoi de nombreux spécialistes et organismes internationaux placent le président russe Vladimir Poutine en tant qu’homme politique le plus influent du monde. En ce qui concerne ceux qui jusqu’à aujourd’hui continuaient de douter de la Russie et de sa place dans le monde, jugeant que le « retour » de la Russie est plus un mythe qu’une réalité, ils réalisent définitivement que la Russie d’aujourd’hui s’impose et qu’il n’en sera pas autrement. Cette réalité ne peut que réjouir la population russe de même que ses alliés, tout en sachant qu’il reste encore un grand nombre de défis à relever, aussi bien sur le plan national qu’international.

http://french.ruvr.ru/2013_05_17/Une-puissance-nommee-Rus...